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Procédure d'exécution au Texas

Les détenus texans ont droit à 5 témoins lors de leur exécution. Ils doivent les choisir sur leur liste de visiteurs (amis, famille ou conseiller spirituel) En janvier 1996, les proches de la victimes furent autorisés à assister à l’exécution. L’autorisation se limitant à la famille immédiate de la victime.

 
 

LA PROCEDURE

1 semaine avant la date de l’exécution, la famille de la victime reçoit un courrier contenant des informations sur l’exécution et la procédure à respecter. Le jour de l’exécution, les proches de la victime se présentent au « TDCJ-Victim Services » tôt dans l’après-midi. Au Texas, toutes les exécutions sont centralisées à Huntsville . Une vidéo leur est présentée, elle relate les différentes phases de l’exécution, incluant la longueur de la chambre d’exécution et celle de la chambre des témoins. La vidéo envisage aussi tous les scénarios possibles: la présence de protestataires à l’entrée de la prison, une dernière déclaration agressive, des pleurs dans la chambre adjacente, celle des proches du condamné à mort, le dernier souffle du condamné, un peu comme une toux rauque ou le condamné qui part en paix, comme si il s’endormait pour ne plus jamais se réveiller.

Le Département de Justice texan remet aux témoins quelques informations sur le condamné ; la nature de son crime, son dernier repas, son dernière déclaration si elle a déjà été rédigée, et d’autres informations d’ordre général sur le couloir de la mort.

Puis le processus commence : il durera 7 à 10 minutes Avant d’approcher la salle d’exécution, les témoins sont soumis à une fouille. les téléphones portables, pagers ou n’importe quels instruments d’enregistrement sont interdits. Dans la salle, les proches de la victime sont entourés d’un représentant du « Victim Services » et de journalistes (5 maximum, répartis entre la salle des proches de la victime et la salle des proches du condamné). La salle de la famille du condamné est à côté de celle des proches de la victime. Ils ne peuvent pas se voir mais s’entendent parfois.

En entrant dans la salle, les témoins peuvent observer le détenu, sanglé. Une vitre épaisse sépare la salle d’exécution de la salle d’observation. Au-dessus du condamné, un microphone est suspendu. Des hauts-parleurs retransmettent ces propos dans les deux salles. Le surveillant de l’unité se tient devant la tête du détenu, l’aumônier à ses pieds. Ils resteront là jusqu’à ce que la mort soit prononcée.

Durant tout le processus, les témoins doivent rester debout (ils peuvent s’appuyer contre les murs si ils se sentent trop faibles) Avant l’exécution, le surveillant demande au détenu si il a une déclaration à faire. A ce moment, il peut dire tout ce qu’il désire. Certains expriment des remords, d’autres critiquent le système judiciaire texan ou proclament leur innocence. Beaucoup d’autres refusent de parler.

15 à 20 secondes après cette déclaration, le buste du détenu se gonfle. La drogue fait son effet et compresse le diaphragme qui retient l’air. Lorsque enfin l’air s’échappe, il y a un bruit (« gurgling sound » selon le Département de justice texan…), comme un toussotement. Si le détenu continue à parler après la première injection de drogue, il ou elle mourra la bouche et les yeux ouverts. C’est le pire scénario et il n’arrive pas souvent. (NDLR : personne ne sait quand les seringues sont actionnées. Le gardien fait un geste qui n’est connu que de son personnel. C’est un perpétuel jeu du chat et de la souris avec les journalistes. La correspondante du « Huntsville Items » racontait que les représentants des médias, des habitués, avaient deviné ce qu’était le signal : le gardien baissait ses lunettes, c’est ce qui actionnait le mécanisme. Mais depuis, ce geste a changé. )

Après le toussotement, il n’y plus rien à voir ni à entendre. C’est peut-être le moment le plus difficile pour les témoins. 3 à 5 minutes après la première injection, un médecin entre dans la chambre, inspecte les organes vitaux et prononce l’heure de la mort.

Après l’exécution, les témoins sont escortés dans une autre salle pour un débriefing informel. L’aumônier et le psychologue de la prison, qui ont assisté le détenu, sont aussi présents. Après le débriefing, les témoins peuvent assister à une mini conférence de presse. Ensuite, ils sont accompagnés jusque à leur véhicule.

Plusieurs semaines après l’exécution, les représentants du « Service Victims » recontactent les témoins par téléphone. La plupart d’entre eux n’expriment aucun regret.


CHIFFRES

En 1997, 37 exécutions ont été appliquées. Lors de 33 d’entre elles, la famille des victimes était présente. En 1998, la famille des victimes assistait à 17 des 20 exécutions ; en 1999, à 29 des 35 exécutions ; en 2000, à 34 des 40 exécutions ; en 2002, à 12 des 18 exécutions, mais l’année n’est pas terminée.

Source : Texas Departement of Criminal Justice – Victims Service





 

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