Les sans-papiers en Suisse

 

 

1994

Leurs demandes d'asile sont définitivement rejetées. Isabel est enceinte et la grossesse s'annonce mal. Un prolongement exceptionnel est acordé. Dernier délai: juin 94, soit deux mois après l'accouchement.

Mais la toute jeune famille ne se résigne pas. Elle quitte Bulle pour Lausanne et disparait ainsi des fiches du Service de la population. Carlos et Isabel sont devenus des clandestins.

2001

11 ans maintenant que Carlos et Isabel vivent en Suisse. Leurs enfants Stéphanie, 11 ans et Bastien, 7 ans, sont scolarisés. Carlos est concierge dans l'une des plus grandes assurances de Suisse, Isabel fait quelques heures de ménage. A force de vivre clandestinement, on oublie et on se réhabitue un peu à une vie normale.

Et tout s'écroule. A la sortie du bus, un agent interpelle Isabel.

-Vos papiers s'il vous-plait!

Elle raconte tout. L'Equateur, les demandes d'asile refusées, le départ et la nouvelle vie. Elle passe la nuit au poste. Le lendemain, Carlos la rejoint. CHF 2'600.- d'amende cash, retirés le jour-même au distributeur, en présence de l'agent. Et un avis d'expulsion.

Il reste peu de temps. La valse des recours commence. Recours contre l'avis d'expulsion, demande d'un permis humanitaire. Le couple s'enfile dans la moindre brèche ouverte, mais il n'est pas dans le bon wagon. En Suisse, la priorité est donnée aux ressortissants de l'Union européenne. Son pays n'est pas en guerre. Il manque d'arguments.

La décision est actuellement en supsens auprès des autorités fédérales.

 

 

 

1990

Carlos a 22 ans lorsqu'il arrive, seul, en Suisse. Son militantisme socialiste l'a forcé à quitter l'Equateur. A l'époque, pas besoin de visa. Carlos entre légalement, sa jeune épouse en fera de même quelques mois plus tard. Madame et Monsieur trouvent rapidement un emploi. 4 ans s'écoulent...