C'est un bébé ordinaire qui voit le jour, il y a près de soixante
ans dans une famille de la Côte Est des Etats-Unis. Une famille… extraordinaire
: grand-papa était sénateur et papa ancien ambassadeur à l'ONU, ancien
directeur de la CIA, vice-président des Etats-Unis et plus tard Président
des Etats-Unis.
Issu d'une dynastie politique, le petit George ne s'y intéresse guère.
De son propre aveu, il préfère le poker, la bière et les filles aux
manuels et aux dissertations. Il séduira d'ailleurs l'une des filles
de Nixon et de multiples Miss Texas. En 1976, il est arrêté pour conduite
en état d'ivresse.
L'Amérique s'enlise au Vietnam, mais pas petit George. Quand on s'appelle
Bush, on se retrouve à la Garde nationale du Texas, à piloter des
coucous et à faire la fête.
Petit George devenu grand, il crée plusieurs entreprises, creuse des
puits dans le désert, mais ne gagne pas un dollar. Il rencontre une
jolie bibliothécaire, Laura. Deux jumelles et un ultimatum plus tard,
" W " se rachète une conduite. A 40 ans, il abandonne l'alcool et
rencontre Dieu.
Entrepreneur malheureux, mais incollable en base-ball, il dirige les
Texas Rangers : son ticket d'entrée dans le microcosme politique.
Contre toute attente, W est élu Gouverneur de l'Etat en 1994 et est
réélu en 1998, avec une cote de popularité de près de 70%. Du jamais
vu au Texas.
Son cheval de bataille : une loi hyper permissive, autorisant les
fusils dans les lieux publics, écoles et hôpitaux compris, et une
attitude hyper répressive, ne laissant aucun espoir aux condamnés
à mort sur une éventuelle grâce du Gouverneur. George W Bush a exécuté
plus de condamnés que tout autre gouverneur américain.
Paroxysme de sa cruauté, la mise à mort de Karla Faye Tucker, qu'il
a refusé de gracier. Des centaines de dirigeants du monde entier,
notamment le pape Jean-Paul II, lui avaient demandé de revenir sur
sa décision. Peine perdue.
Pire, dans un entretien accordé au magazine " Fact
" , George W Bush a imité la voix de Tucker qui le suppliait " Oh,
je vous en prie, ne me tuez pas ! ".
Décidément, petit George est un grand enfant, qui s'amuse de tout
et de n'importe quoi, comme lors de ce débat télévisé. On l'interroge
sur la peine de mort, il en rit… et l'Amérique ne s'en fustige pas.
Ils sont encore 66% à soutenir la sentence capitale. Au Texas, cette
proportion atteint 73%.
Walker Jr. connaît bien ses concitoyens, mais mal le monde. Durant
sa campagne électorale, il se montre incapable de citer les noms de
3 dirigeants étrangers dans un entretien à la presse.
Alors Président des Etats-Unis, il poursuit ses réformes et nomme
à la tête du Ministère de la Justice John Ashcroft, un conservateur
pur et dur, militant fervent pour la peine de mort. Il s'est toujours
farouchement opposé à l'avortement, allant jusqu'à soumettre des amendements
constitutionnels visant à interdire les IVG, y compris en cas de viol
et d'inceste.
Petit George est le maître du monde. Il impose au pays entier sa conception
de la justice, où l'amnistie n'existe pas. En juin dernier, un prisonnier
fédéral est exécuté : Juan Paul Garza. Bill Clinton lui avait accordé
un sursis supplémentaire de 6 mois. Il n'y avait plus d'exécution
depuis1963.
Mais la sentence capitale fonctionne. La preuve ? Tous les Etats américains
ont baissé ou stabilisé la criminalité. Tous, sauf un : le Texas du
petit George…