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La peine de mort par pendaison contre Saddam Hussein

5 novembre 2006 / Saddam Hussein, les yeux écarquillés hurle et hurle encore : « Vive l’Irak ! Dieu est grand ! » tandis que le haut tribunal irakien lit impassiblement le verdict d’un procès longuement attendu. Ce dimanche, toute la capitale, Bagdad, retenait son souffle alors que la peine de mort était requise contre l’ancien président ainsi que trois de ses huit complices.

 
 

Ce ne fut une surprise pour personne. Seule la méthode d’exécution alimentait encore les discussions. Saddam Hussein souhaitait mourir devant un peloton d’exécution, mais le procureur général du Haut tribunal pénal a précisé que la mort par fusillade était réservée aux tribunaux martiaux. Comme les crimes civils sont punis de la pendaison, c’est ainsi que mourra l’ancien dictateur irakien, si son appel est rejeté.


Appel automatique, délai supplémentaire

Une procédure d’appel sera automatiquement instruite, comme le prévoit le haut tribunal irakien en cas de condamnation à la peine de mort, elle pourrait durer plusieurs mois. La sentence ne sera exécutée qu’à l’issue de cette procédure, alors dans un délai de trente jours.


Prison et acquittement

Outre ces trois condamnations à mort, l’ancien vice-président de Saddam Hussein, Taha Yassine Ramadan, s’est vu condamner à la prison à vie tandis que trois responsables locaux du parti Baas écopent de quinze années de prison. Un quatrième responsable local, Mohammed Azzam al-Ali a été acquitté.


D’autres procès en cours

La sentence à mort prononcée aujourd’hui ne concerne que le massacre de Doujaïl perpétré en 1982. 148 villageois chiites avaient été tués suite à un attentat échoué contre le président Saddam Hussein. D’autres procédures sont actuellement en cours, dont le largage d’agents chimiques durant la guerre Irak-Iran en 1988, sur le village de Halabja dans le nord-est du pays, qui tua environ 5000 kurdes irakien dont une majorité de femmes et d’enfants.


Saddam Hussein, la main de fer

Saddam Hussein Abd al-Majid al Tikriti, 69 ans, a dirigé l’Irak durant 24 ans d’une main de fer. Président du pays, du parti unique, c’était un homme tout puissant qui décidait de la vie et de la mort de son peuple. Il est notamment accusé de crimes de guerre, de meurtres, de crimes contre l’humanité et de génocide envers les kurdes.

Né le 28 avril 1937 près de Tikrit dans une modeste famille de paysans, il est rapidement ecueilli à Bagdad par son oncle. A la fin de ses études secondaires, il rejoint une cellule alors clandestine du parti socialiste de la Renaissance arabe, le parti Baas. Après plusieurs tentatives avortées de coups d’état contre le gouvernement en place, Saddam Hussein est condamné à la peine de mort par contumace et se réfugie en Egypte où il étudie le droit. Le 17 juillet 1968, le parti Baas accède de force au pouvoir, Saddam Hussein, 31 ans, prend la tête des services de sécurité avant de remplacer Ahmad Hasan al-Bakr à la présidence du pays en 1979.

Aussitôt, l’image sans doute la plus célèbre de l’atrocité du nouveau chef d’état fait le tour du monde. Devant les caméras, il convoque les cadres du parti et accuse de trahison une vingtaine d’entre eux. Ils sortent immédiatement et sont exécutés sommairement.



 

 

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